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Article de périodique

Fiche mise à jour le 8 décembre 2018

Le Crime sans nom : Dire l’inceste dans la société française du XIXe siècle (1791-1898)

En bref

Auteurs : Fabienne Giuliani
Périodique : Sociétés & Représentations
Numéros : vol. 42, nº 2, ISSN 1262-2966 (Imprimé), ISSN 2104-404X (En ligne)
Dates : Date de publication: 2016
Etendue : pp. 31-44
Liens internet : DOI

Description

Titre :

Le Crime sans nom : Dire l’inceste dans la société française du XIXe siècle (1791-1898)

Résumé :

Avec l’inceste, la question du dicible, compris dans un premier temps comme ce que la société autorise à dire puis, dans un deuxième, de ce que la société est capable d’entendre, permet tout particulièrement de comprendre la construction des procédés normatifs à l’œuvre dans la société française du XIXe siècle.
Décriminalisé en 1791, l’inceste est objet de débats jusqu’aux années 1830. Si le mot choque parfois, il se scande, il s’utilise et il s’entend dans l’ensemble de la société. Mais autour de la constitution du Code pénal de 1832, les discours et les représentations se transforment. Ce changement est d’abord le fait des élites qui préfèrent désormais suggérer l’inceste, plutôt que de le dire. La création du scandale de l’inceste couplée à la peur de la classe ouvrière naissante entraînent la formation d’une nouvelle morale qui s’impose ensuite à l’ensemble du corps social. Ce dernier, autour des années 1880, n’est plus à même d’accepter d’entendre le crime. Un siècle après sa décriminalisation, les représentations du crime ont donc été profondément retravaillées dans l’ensemble de la société ce qu’une étude croisée des discours publics et de l’écriture privée permet de révéler.

Porté par ce processus de mise au silence, le crime d’inceste perd son nom à la fin du XIXe siècle, au profit de formules périphrastiques qui deviennent les seuls discours de vérité désormais acceptables. Dès lors, la constitution du tabou sur l’inceste a des conséquences importantes révélées par l’étude des mots prononcés par les individus appelés à témoigner du crime devant les autorités judiciaires. L’interdiction formelle du dire enferme inéluctablement dans un carcan toutes les paroles sur le crime dans le champ de l’indicible ce qui pose par effet-miroir deux problèmes essentiels à la judiciarisation et à la résolution du crime : celui de la parole des enfants, victime d’un crime désormais sans nom et qui ne peuvent espérer de réparation, et celui de la parole des agresseurs, frappés de monstruosité s’ils avouent ce crime devenu impossible.

Sommaire :

  • Du dicible à l’indicible (1791-1898)
    • L’inceste en débats (1791-1898)
    • Les dangers de l’inceste (1832-1875)
    • Taire l’inceste (1875-1898)
  • Le crime sans nom
    • Définir un crime sans nom
    • Enquêter sur un crime sans nom

Détails

Langue : français
Numéro de fiche : 1643
Source : CrossRef: 2018-11-23
Type de fiche : Article de périodique
Création : 23/11/2018
Dernière modification : 08/12/2018
Statut WordPress : Publié