Inceste : s’attaquer aux racines
Fiche mise à jour le 2 janvier 2026
En bref
Malo,
Gaëlle Desnos,
Laëtitia Giraud,
Thelma Susbielle,
Margaux Wartelle
Description
– « Reconnaître en nous le parfait petit agent de la culture de l’inceste« – Cécile Cée est plasticienne, photographe, mais aussi autrice de l’ouvrage Ce que Cécile sait – journal de sortie d’inceste (Marabout, 2024). À sa sortie d’amnésie traumatique, elle réalise à 38 ans qu’elle a été victime d’inceste dans son enfance. Depuis, elle n’a de cesse de se documenter et de militer pour que l’inceste sorte du silence et soit dénoncé tel qu’il est : un système omniprésent.
– Que dit-on de l’inceste en fac de psycho ? – Louison est prof de français et en reprise d’études en troisième année de licence de psychologie clinique. Elle anime aussi le compte Instagram Aventreouvert, dans lequel elle a déjà dénoncé les errements des enseignements qu’elle suit à l’Université Aix-Marseille, en ce qu’ils participent à nier l’inceste comme fait social et réel, tout en formant les psychologues de demain. Témoignage.
– Briser le silence avec un micro – Vingt ans après avoir subi un inceste de la part de son beau-père, Léna Rivière cherche « la voix des autres », ses proches et les autres victimes du même agresseur. Le processus aboutit au magnifique documentaire radiophonique « Queen of Bongo », réflexion sur la justice, le pardon et, en creux, le pouvoir du micro.
– Proches de victime : tenir bon devant le déni des siens – Un inceste, ça n’est jamais juste une histoire entre un agresseur et sa victime. C’est un système, bien rodé, qui fait d’abord son nid dans les non-dits familiaux. Ça commence bien avant notre naissance et ça se termine on ne sait où, ni quand. Sur son passage, ça emporte tout : la victime, bien sûr, mais aussi ses proches soutiens.
– Briser le tabou avec la plume – Contre la silenciation qui entoure les faits d’inceste, certaines victimes font de leur histoire des récits littéraires. En France, ces ouvrages ont largement participé au mouvement #MeTooInceste. Quand l’inceste fait système, l’écrit devient une arme puissante.
– L’immonde culture de l’inceste – Partout dans la culture française – films, séries, chansons, porno, mythes fondateurs – l’inceste s’affiche, mais rarement comme une violence. Romantisé, humorisé ou mis hors champ, il devient un motif familier plutôt qu’un crime, participant à sa banalisation autant qu’à un vaste déni collectif.
– Survivre deux fois : l’inceste et le naufrage judiciaire – En France, moins de 1 % des plaintes pour inceste aboutissent à des condamnations. Pour le reste, le parcours judiciaire inflige une deuxième vague de souffrance aux victimes et à leur parent protecteur, presque toujours les mères. Pourquoi un enfant qui dénonce des faits d’inceste n’est-il pas protégé ?