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Article

L’amnésie traumatique et ses implications judiciaires dans les faits d’inceste

Fiche mise à jour le 3 décembre 2025

En bref

Auteurs : Julie Francols
Numéros : vol. In Press
Date de publication : 29 novembre 2025
Etendue : 8 p.

Description

Titre traduit :

anglais: Traumatic amnesia and its legal implications in cases of incest

Présentation de l'éditeur :

Dans la continuité de notre article précédent (Sondage IPSOS, 2023) sur les facteurs associés à l’amnésie traumatique dans les contextes de violences incestueuses, nous proposons de discuter ici les implications judiciaires liées au phénomène d’amnésie traumatique chez les victimes d’inceste. Aujourd’hui, en France, 7,4 millions de personnes sont reconnues comme ayant été victimes d’inceste (Francols et Ravit, 2025) et parmi elles 89 % ont souffert (et souffrent encore) d’amnésie traumatique (Sondage IPSOS, 2023), dont 50 % sous sa forme complète. L’amnésie traumatique témoigne de la radicalité à l’œuvre dans les mécanismes de survie psychique face à la destruction et la menace de désorganisation portée par l’agir incestueux. L’inceste n’est pas seulement une atteinte du corps, c’est avant tout et surtout une atteinte du psychisme, une petite mort. En nous appuyant sur une étude épidémiologique nationale menée entre les mois de novembre 2022 et mars 2023, nous avons pu mettre en évidence l’écart problématique entre la temporalité psychique des victimes d’inceste et la temporalité judiciaire, d’une part, et l’écart entre la réalité psychique subjective et la réalité judiciaire, d’autre part. La justice pénale française est bordée par des limites temporelles qui n’encadrent pas la temporalité nécessaire aux victimes d’inceste pour processer jusqu’à l’intégration complète des expériences incestueuses accessibles. D’autre part, le langage du traumatisme incestueux n’est pas celui du système judiciaire français. La réalité subjective des victimes est faite de parts symbolisées – fragments de souvenirs explicites, confus et discontinus, verbalisables – mais surtout de parts non symbolisées, accessibles uniquement par le corps, sous forme de sensations, d’impressions, de traces perceptives non représentées et « non-racontables ». Dans de tels écarts, le dialogue entre les victimes et la justice française est rendu difficile, et cette incompréhension est lourde de conséquences pour les victimes en quête de reconnaissance et de réparation.

Sommaire :

  • La symbolisation à l’œuvre
    • De la trace au récit
    • Échec des processus de symbolisation
    • Les traces du trauma
    • Étude épidémiologique sur l’amnésie traumatique dans les contextes de violences incestueuses (-)
    • Les participants
    • Protocole et outils
    • Résultats
  • Les implications judiciaires
    • Temporalité psychique & temporalité judiciaire
    • Réalité psychique & réalité judiciaire

Détails

Langue : français
Numéro de fiche : 1518
Catalogue(s) : CRIAVS
Type de fiche : Article de périodique
Création : 03/12/2025
Dernière modification : 03/12/2025
Statut : Publié